Dossiers diplomatiques
Maroc–Guinée-Bissau : l’alliance des convictions, la promesse d’un destin africain partagé

De la convergence diplomatique sur la question du Sahara aux ambitions économiques et humaines, Rabat et Bissau construisent un partenariat où la solidarité politique entend devenir un véritable levier de transformation et de développement.
Il est des relations entre États dont la portée dépasse les déclarations officielles et les protocoles diplomatiques pour s’inscrire dans une vision plus profonde des solidarités régionales et des intérêts partagés. Les relations entre le Royaume du Maroc et la République de Guinée-Bissau appartiennent à cette catégorie de partenariats africains dont l’évolution témoigne d’une volonté de conjuguer confiance politique, coopération économique et rapprochement humain.
À la faveur d’une convergence affirmée sur les grandes questions diplomatiques, d’un dispositif conventionnel progressivement enrichi et d’une multiplication des initiatives sectorielles, Rabat et Bissau ont posé les fondements d’une relation qui aspire désormais à franchir une nouvelle étape.
Cette dynamique s’inscrit dans la vision africaine portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, fondée sur une coopération Sud-Sud active, la valorisation des complémentarités et la conviction que le développement du continent doit reposer sur des partenariats équilibrés, créateurs de richesses et porteurs d’opportunités pour les populations.
Mais au-delà des acquis politiques, une interrogation demeure essentielle : comment transformer cette convergence diplomatique en une coopération économique suffisamment structurée pour produire des résultats durables et perceptibles dans les deux pays ?
Le Sahara marocain, une convergence diplomatique inscrite dans la durée
La position de la Guinée-Bissau sur la question du Sahara constitue l’un des fondements politiques les plus significatifs du rapprochement entre les deux pays.
Bissau a exprimé à plusieurs reprises son soutien à l’intégrité territoriale et à la souveraineté du Royaume du Maroc, ainsi qu’à l’initiative marocaine d’autonomie comme solution au différend régional.
Cette position a trouvé une expression institutionnelle particulièrement importante avec l’ouverture, en octobre 2020, d’un consulat général de la République de Guinée-Bissau à Dakhla.
Au-delà de la portée symbolique de cette inauguration, l’installation d’une représentation consulaire dans les provinces du Sud du Royaume traduit la volonté de Bissau de donner une dimension concrète à son positionnement diplomatique.
Cette orientation a été réaffirmée en 2026. Lors de sa visite à Rabat, le 29 juin, la ministre bissau-guinéenne des Affaires étrangères, Fatumata Jau, a renouvelé le soutien de son pays à l’initiative marocaine d’autonomie.
Le 26 septembre de la même année, en marge de la quatre-vingt-unième session de l’Assemblée générale des Nations unies, la cheffe de la diplomatie bissau-guinéenne a de nouveau confirmé cette position, tout en saluant la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025.
La continuité de ce soutien témoigne d’une convergence politique dont la portée dépasse les circonstances conjoncturelles.
Pour le Maroc, cette position s’inscrit dans le mouvement de consolidation de ses partenariats africains autour de la question de son intégrité territoriale. Pour la Guinée-Bissau, elle illustre une orientation diplomatique qui privilégie le dialogue avec Rabat et la continuité des engagements bilatéraux.
Cependant, la profondeur d’une relation ne saurait reposer exclusivement sur la convergence politique. Celle-ci prend tout son sens lorsqu’elle favorise l’émergence de projets communs et contribue à élargir les perspectives de développement.
La visite royale de 2015, acte fondateur d’une coopération renouvelée
La visite effectuée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Guinée-Bissau, en mai 2015, constitue une étape majeure dans l’histoire contemporaine des relations entre les deux États.
Cette visite, la première d’un souverain marocain dans ce pays, a donné une impulsion décisive à la structuration de leur coopération bilatérale.
La signature de seize accords couvrant un large éventail de secteurs a permis d’élargir considérablement le cadre institutionnel des échanges.
Ces instruments ont notamment concerné l’agriculture, la pêche maritime, la santé, les infrastructures, la sécurité, l’énergie, la formation professionnelle, les investissements et la coopération judiciaire.
Des dispositions relatives à l’encouragement et à la protection réciproques des investissements, ainsi qu’à la prévention de la double imposition, ont également contribué à renforcer les fondements juridiques des relations économiques.
L’intérêt stratégique de cette visite résidait dans sa philosophie d’ensemble.
Il ne s’agissait plus seulement de consolider les relations entre deux capitales africaines, mais de jeter les bases d’un partenariat multidimensionnel, capable d’associer les institutions publiques, les opérateurs économiques et les acteurs du développement.
Pour la Guinée-Bissau, pays disposant de ressources naturelles et agricoles importantes mais confronté à des défis structurels en matière d’infrastructures, de transformation industrielle et de formation, l’expérience marocaine ouvrait des perspectives de coopération dans plusieurs domaines prioritaires.
Pour le Maroc, ce rapprochement participait d’une orientation continentale privilégiant l’investissement productif, la transmission du savoir-faire et la construction de solidarités économiques durables.
Laâyoune 2024, une nouvelle architecture pour le partenariat
La troisième session de la Commission mixte de coopération maroco-bissau-guinéenne, organisée à Laâyoune le 16 juillet 2024, a représenté un nouveau jalon dans l’approfondissement des relations bilatérales.
Sous la coprésidence du ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et de son homologue bissau-guinéen de l’époque, Carlos Pinto Pereira, cette rencontre a été marquée par la signature de quinze instruments juridiques.
Les accords ont porté sur des secteurs aussi diversifiés que les transports, la coopération douanière, le commerce, la gestion intégrée des ressources en eau, l’urbanisme, l’habitat, la justice, la communication, la santé, la formation professionnelle, la jeunesse, le sport et l’économie sociale et solidaire.
Cette diversification traduit une évolution importante dans la conception même du partenariat.
Alors que la coopération interétatique demeure traditionnellement centrée sur les échanges politiques et institutionnels, les nouveaux engagements reflètent une attention accrue aux conditions concrètes du développement.
L’eau, l’habitat, la santé, les qualifications professionnelles ou encore les possibilités offertes à la jeunesse constituent autant de domaines dans lesquels les résultats de la coopération peuvent produire des effets directs sur les populations.
Le choix de Laâyoune pour accueillir cette session revêt également une dimension diplomatique particulière, compte tenu du soutien exprimé par la Guinée-Bissau à la position marocaine sur la question du Sahara.
Il demeure néanmoins nécessaire de distinguer la signature des accords de leur mise en œuvre effective.
L’enjeu des prochaines années sera précisément de transformer cette architecture juridique en programmes opérationnels, dotés de mécanismes de financement, de suivi et d’évaluation.
La crédibilité d’un partenariat se construit autant dans la pertinence des engagements que dans la capacité des institutions à les traduire en réalisations.
Agriculture et pêche maritime, transformer les ressources en richesses durables
Parmi les domaines susceptibles de donner une profondeur économique nouvelle aux relations maroco-bissau-guinéennes, l’agriculture et la pêche maritime occupent une place centrale.
La Guinée-Bissau dispose d’un potentiel agricole considérable, notamment dans la production de noix de cajou, qui constitue l’un des piliers de son économie.
Toutefois, l’importance de cette ressource soulève une problématique fondamentale : celle de la transformation locale et de la création de valeur ajoutée.
L’exportation de matières premières, lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’une industrialisation progressive, limite les possibilités de diversification économique et réduit les retombées potentielles en matière d’emploi.
Dans ce contexte, l’expérience marocaine en matière de structuration des filières agricoles, d’accompagnement des producteurs, de modernisation des pratiques et de développement agro-industriel pourrait constituer une source de coopération intéressante.
La visite effectuée le 7 septembre 2026 par une délégation bissau-guinéenne auprès de l’Agence pour le développement agricole, dans le cadre de la semaine de promotion économique Maroc–Guinée-Bissau, a témoigné de cet intérêt.
Les discussions ont notamment porté sur l’agriculture solidaire, la valorisation des produits du terroir et les possibilités d’investissement.
La coopération pourrait être approfondie dans la transformation des produits agricoles, la formation des producteurs, les infrastructures de stockage, l’amélioration de la qualité et l’accès aux marchés.
Dans le domaine halieutique, les possibilités sont également importantes.
La Guinée-Bissau dispose d’un espace maritime riche en ressources, dont l’exploitation durable nécessite des capacités techniques, scientifiques et institutionnelles adaptées.
L’expertise marocaine dans les métiers de la mer, la formation maritime, la recherche halieutique, l’aquaculture et les industries de transformation pourrait contribuer au développement de partenariats ciblés.
L’objectif serait de favoriser une exploitation responsable des ressources et de renforcer leur contribution au développement économique national.
Énergie, infrastructures et investissements, construire les conditions de la compétitivité
L’élargissement de la coopération dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures répond à un impératif économique majeur : permettre à la Guinée-Bissau de mieux valoriser ses potentialités productives.
Le développement agricole et industriel demeure étroitement lié à la disponibilité de l’électricité, à la qualité des transports, aux capacités logistiques et à la modernisation des équipements.
Les accords de coopération conclus dans les domaines énergétique et minier, notamment l’accord-cadre signé en octobre 2020, constituent une base institutionnelle pour approfondir ces échanges.
Le Maroc dispose d’expériences dans le développement des énergies renouvelables, l’électrification, les infrastructures et la gestion de projets structurants.
Ces acquis pourraient alimenter des initiatives conjointes adaptées aux priorités de la Guinée-Bissau, particulièrement dans les domaines de l’énergie solaire, des infrastructures de proximité et du renforcement des compétences techniques.
Les échanges organisés en septembre 2026 avec l’Office national des hydrocarbures et des mines ont également illustré l’intérêt bissau-guinéen pour l’expérience marocaine en matière de valorisation des ressources naturelles et de gestion du secteur minier.
Mais l’émergence d’une coopération économique véritablement structurante suppose davantage qu’un rapprochement institutionnel.
Elle nécessite l’identification de projets économiquement viables, la mobilisation de financements adaptés, un environnement réglementaire favorable et l’implication durable des entreprises.
La coopération entre Rabat et Bissau gagnerait ainsi à encourager des partenariats productifs associant entreprises marocaines et opérateurs bissau-guinéens, avec une attention particulière au transfert de compétences et à la création d’emplois locaux.
Formation et développement humain, le véritable capital du rapprochement
Une coopération durable ne se mesure pas uniquement à travers les investissements matériels. Elle repose également sur la capacité à former des femmes et des hommes capables de porter les transformations économiques et sociales de leurs pays.
La formation professionnelle représente à cet égard un champ particulièrement prometteur dans les relations entre le Maroc et la Guinée-Bissau.
Le 29 juin 2026, une délégation bissau-guinéenne conduite par la ministre des Affaires étrangères, Fatumata Jau, a été reçue par les responsables de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail, en présence de l’ambassadrice de Guinée-Bissau au Maroc, Filomena Mendes Mascarenhas Tipote.
Cette rencontre a permis d’examiner les perspectives de coopération dans le développement des compétences et l’accompagnement des besoins de modernisation institutionnelle.
Au-delà de ces échanges, la formation constitue un instrument stratégique pour rapprocher les deux sociétés.
Les bourses universitaires, les stages professionnels, les échanges d’expertise et les programmes de qualification contribuent à créer des réseaux humains dont les effets peuvent s’inscrire dans la durée.
La dimension linguistique offre également des perspectives intéressantes.
Pays lusophone appartenant à l’espace ouest-africain, la Guinée-Bissau occupe une position singulière au croisement de plusieurs univers culturels et linguistiques.
Le Maroc, par ses liens avec les espaces francophone, arabophone, africain et international, pourrait contribuer à multiplier les passerelles universitaires, professionnelles et culturelles.
Une attention particulière pourrait être accordée aux secteurs où les besoins de qualification rejoignent les priorités économiques, notamment l’agriculture, la santé, le tourisme, les métiers techniques et l’entrepreneuriat.
Filomena Mendes Mascarenhas Tipote, une diplomatie d’engagement au service d’un partenariat en mutation
Dans cette dynamique de consolidation des relations entre le Maroc et la Guinée-Bissau, le rôle de Filomena Mendes Mascarenhas Tipote, ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Guinée-Bissau auprès du Royaume du Maroc, mérite une lecture dépassant la présentation conventionnelle d’un parcours diplomatique.
L’intérêt de son profil réside précisément dans la diversité des responsabilités qu’elle a exercées et dans la manière dont cette expérience peut nourrir une approche globale des relations bilatérales.
Ancienne ministre des Affaires étrangères, ministre de la Défense nationale et responsable gouvernementale chargée notamment de la solidarité sociale et de la lutte contre la pauvreté, elle possède une connaissance approfondie des mécanismes institutionnels, des enjeux de gouvernance et des réalités sociales de son pays.
Son engagement au sein de l’initiative Voz di Paz, consacrée à la consolidation de la paix, au dialogue communautaire et à la participation des femmes à la prévention des conflits, complète cette expérience gouvernementale par une dimension humaine et sociale particulièrement significative.
Cette trajectoire offre un éclairage sur sa conception possible de la représentation diplomatique, dans laquelle les relations politiques peuvent être articulées aux enjeux du développement et de la transformation sociale.
Au Maroc, son action s’inscrit dans une période marquée par l’élargissement des échanges institutionnels et par la recherche de nouvelles complémentarités économiques.
Sa participation, le 29 juin 2026, à la rencontre entre la délégation bissau-guinéenne et les responsables de l’OFPPT témoigne de son implication dans l’accompagnement des initiatives consacrées à la formation et au renforcement des compétences.
En septembre 2026, sa participation aux échanges avec l’Office national des hydrocarbures et des mines a également illustré son association aux démarches visant à identifier de nouveaux champs de coopération économique et technique.
L’intérêt de ces initiatives réside dans leur capacité à rapprocher les institutions compétentes des deux pays et à favoriser une meilleure connaissance des expériences susceptibles d’être partagées.
Une autre dimension de son engagement est apparue lors de la visite d’une délégation bissau-guinéenne à Dakhla, en septembre 2026.
L’ambassadrice a alors mis en avant l’intérêt que pourraient présenter, pour la Guinée-Bissau, les expériences de développement observées dans cette région du Royaume.
Une telle approche souligne l’importance de la coopération territoriale comme espace de transfert d’expertises, d’apprentissage institutionnel et d’identification de modèles de développement susceptibles d’être adaptés aux réalités nationales.
Elle illustre également la possibilité de prolonger la convergence diplomatique sur la question du Sahara par une coopération attentive aux expériences de développement économique et social.
La dimension culturelle et sportive n’est pas absente de cette dynamique.
En janvier 2026, l’ambassadrice avait souligné la portée continentale de la Coupe d’Afrique des nations organisée au Maroc, mettant en avant le rôle des grandes manifestations sportives dans le rapprochement entre les peuples africains.
Cette attention aux échanges humains rappelle que les relations internationales ne se construisent pas exclusivement dans les enceintes gouvernementales. Elles prennent également forme à travers les rencontres culturelles, les manifestations sportives, la circulation des étudiants et les initiatives de la société civile.
Cependant, la portée d’une mission diplomatique ne peut être appréciée uniquement à travers la participation aux rencontres officielles.
Elle dépend également de sa capacité à assurer la continuité du dialogue, à faciliter les contacts entre institutions et à accompagner l’identification d’opportunités concrètes de coopération.
Dans le cas des relations maroco-bissau-guinéennes, cette fonction d’accompagnement prend une importance particulière au regard de la diversité des accords conclus et de la nécessité d’en favoriser la mise en œuvre.
Le parcours de Filomena Mendes Mascarenhas Tipote dans les domaines du développement communautaire, de la participation féminine et de la prévention des conflits pourrait également contribuer à donner davantage de place aux dimensions sociales du partenariat.
L’entrepreneuriat féminin, l’économie sociale et solidaire, la formation des jeunes, les initiatives communautaires et la coopération associative représentent des domaines dans lesquels son expérience pourrait constituer un atout.
Il serait toutefois réducteur de faire dépendre la dynamique bilatérale de la seule action d’une représentation diplomatique. Celle-ci s’inscrit dans un cadre institutionnel plus large, mobilisant les gouvernements, les administrations spécialisées, les entreprises et les différents acteurs de la coopération.
L’intérêt de son rôle réside précisément dans cette fonction de liaison et de continuité, essentielle pour que les engagements pris au plus haut niveau trouvent des prolongements institutionnels.
Dans une Afrique où les relations bilatérales sont de plus en plus appréciées à l’aune de leurs retombées concrètes, une diplomatie attentive aux réalités économiques et humaines peut devenir un instrument précieux de rapprochement.
C’est dans cette perspective que l’action de l’ambassadrice Filomena Mendes Mascarenhas Tipote prend toute sa signification, au sein d’un partenariat dont les fondements politiques sont déjà établis et dont le potentiel de développement demeure considérable.
La coopération culturelle et l’entrepreneuriat féminin, de nouvelles passerelles à développer
Au-delà des secteurs économiques traditionnels, les relations entre Rabat et Bissau pourraient gagner en profondeur grâce à une meilleure valorisation des échanges culturels et des initiatives sociales.
La Guinée-Bissau possède une identité culturelle singulière, façonnée par son histoire, sa diversité ethnolinguistique, ses traditions musicales et son appartenance à l’espace lusophone.
Le Maroc dispose, de son côté, d’un patrimoine culturel et artistique particulièrement diversifié, ainsi que d’une expérience importante dans l’organisation de manifestations culturelles d’envergure internationale.
Les échanges entre artistes, les résidences culturelles, les rencontres universitaires, la promotion des métiers d’art et les initiatives en faveur des industries créatives constitueraient autant de possibilités de rapprochement.
La coopération pourrait également accorder une attention particulière aux femmes entrepreneures, notamment dans les secteurs de l’artisanat, de l’agroalimentaire, du tourisme et des activités génératrices de revenus.
Cette orientation présenterait un double intérêt.
Elle contribuerait, d’une part, à élargir la base sociale de la coopération bilatérale et, d’autre part, à associer davantage les communautés locales aux perspectives de développement.
Elle trouverait également une résonance dans le parcours de l’ambassadrice bissau-guinéenne, dont l’engagement antérieur en faveur de la participation des femmes et de leur autonomisation constitue une dimension importante de son expérience.
Le rapprochement culturel et social pourrait ainsi devenir un complément naturel de la coopération institutionnelle, en contribuant à ancrer les relations entre les deux pays dans une connaissance mutuelle plus approfondie.
La coopération Sud-Sud à l’épreuve des résultats
Les relations entre le Maroc et la Guinée-Bissau illustrent les possibilités offertes par une coopération africaine fondée sur la confiance politique, le partage d’expertise et la recherche de complémentarités économiques.
Mais elles mettent également en lumière un défi récurrent des partenariats interafricains : la distance qui peut subsister entre l’ambition des accords signés et les résultats effectivement obtenus.
La multiplication des instruments juridiques témoigne d’une volonté de coopération. Elle ne suffit cependant pas à garantir la réalisation des projets.
L’approfondissement du partenariat suppose aujourd’hui de privilégier des mécanismes de suivi, des calendriers opérationnels et des objectifs clairement définis.
Il nécessite également une meilleure implication des opérateurs économiques, des collectivités territoriales, des établissements de formation et des acteurs de la société civile.
Cette évolution pourrait permettre de faire émerger une coopération plus décentralisée, attentive aux besoins des territoires et moins dépendante des seules impulsions gouvernementales.
Pour la Guinée-Bissau, l’enjeu consiste à renforcer ses capacités productives, à valoriser ses ressources naturelles et à diversifier les opportunités offertes à sa jeunesse.
Pour le Maroc, le développement de ce partenariat participe d’une ambition africaine visant à construire des relations économiques et humaines durables à partir de complémentarités réelles.
Le potentiel existe, mais sa concrétisation exige une mobilisation continue et une traduction plus systématique des engagements institutionnels en projets opérationnels.
Rabat et Bissau, les perspectives d’une communauté d’intérêts durables
L’évolution des relations entre le Maroc et la Guinée-Bissau révèle une continuité diplomatique qui a progressivement permis l’élargissement des domaines de coopération.
La convergence sur la question du Sahara marocain, la visite royale de 2015, les accords signés à Laâyoune en 2024 et les nombreuses initiatives institutionnelles engagées en 2026 constituent les principales étapes d’un rapprochement qui dispose désormais d’un cadre politique et juridique particulièrement étendu.
L’action des représentations diplomatiques, et notamment l’accompagnement assuré à Rabat par l’ambassadrice Filomena Mendes Mascarenhas Tipote, s’inscrit dans cette dynamique de consolidation des échanges et de recherche de nouveaux espaces de coopération.
Toutefois, la prochaine étape ne se jouera pas uniquement dans les chancelleries ni dans les commissions mixtes.
Elle se construira dans les établissements de formation, les exploitations agricoles, les entreprises, les infrastructures, les universités et les initiatives portées par les femmes et les jeunes.
Car la véritable profondeur d’un partenariat se révèle dans sa capacité à dépasser la proximité politique pour devenir une source de progrès partagé.
Entre le Maroc et la Guinée-Bissau, les fondements de la confiance sont établis. Les instruments de coopération existent et les secteurs porteurs de complémentarités sont identifiés.
L’ambition des prochaines années sera de transformer cette convergence diplomatique en une communauté d’intérêts économiques, sociaux et humains, capable de donner à la solidarité africaine une expression concrète, durable et tournée vers l’avenir.



