Maroc
ONCF : quand le rail devient le rythme vivant des mobilités marocaines à l’occasion de l’Aïd Al Adha

À chaque grande fête religieuse, les gares marocaines retrouvent une effervescence particulière. Des familles qui se retrouvent, des étudiants qui regagnent leurs villes natales, des travailleurs qui traversent plusieurs régions pour partager quelques jours auprès des leurs : derrière ces mouvements humains massifs se dessine une réalité devenue centrale dans le quotidien des citoyens marocains, celle d’un transport ferroviaire qui dépasse désormais la simple fonction de déplacement pour s’imposer comme un véritable service public de proximité, de continuité et d’accompagnement social.
À l’occasion de l’Aïd Al Adha 1447, l’Office National des Chemins de Fer déploie un dispositif exceptionnel couvrant la période du 20 mai au 7 juin 2026, avec une programmation renforcée des trains, une augmentation des capacités et une mobilisation opérationnelle permanente afin d’assurer des déplacements fluides et sécurisés aux voyageurs.
Mais au-delà du communiqué technique, cette opération révèle surtout la transformation progressive de l’ONCF en acteur majeur de la vie quotidienne des Marocains. Car aujourd’hui, le train au Maroc ne constitue plus uniquement une infrastructure de mobilité ; il devient un élément structurant des rythmes sociaux, économiques et familiaux du pays.
Cette évolution apparaît avec force dans la stratégie déployée autour d’Al Boraq. En assurant une cadence horaire soutenue entre Tanger, Kénitra, Rabat et Casablanca de 6h à 21h, avec des dessertes additionnelles lors des pics d’affluence, l’ONCF confirme sa volonté d’inscrire la grande vitesse dans une logique d’accessibilité populaire et de continuité territoriale. Le train à grande vitesse cesse ainsi d’être perçu comme un service d’exception réservé à certaines catégories ; il devient progressivement un outil intégré au quotidien des citoyens, notamment lors des périodes sensibles où les besoins de déplacement explosent.
Le même constat s’impose concernant les trains Al Atlas et les Trains Navettes Rapides. En renforçant les axes Marrakech-Casablanca-Fès, Tanger-Fès-Oujda ou encore les dessertes vers Nador, Safi et Khouribga, l’ONCF envoie un signal fort : celui d’un réseau ferroviaire appelé à irriguer l’ensemble du territoire national, y compris les régions éloignées des grands centres économiques. Cette approche traduit une vision où la mobilité devient un levier de cohésion territoriale et de rapprochement humain.
Ce qui marque également dans ce dispositif spécial, c’est la place accordée à l’expérience du voyageur. L’ONCF ne parle plus uniquement de transport, mais d’accueil, d’assistance, d’orientation et d’accompagnement dans les gares comme à bord des trains. Derrière cette terminologie se dessine une mutation plus profonde de la culture du service public ferroviaire marocain : celle d’une institution qui cherche à humaniser davantage le voyage et à répondre à des attentes citoyennes de plus en plus exigeantes.
L’importance accordée aux outils numériques illustre également cette modernisation silencieuse mais déterminante. Vente en ligne, application mobile, chatbot, WhatsApp, distributeurs automatiques, multiplication des points de proximité via les partenaires : l’ONCF construit progressivement un écosystème de mobilité connecté, fluide et accessible. Cette diversification des canaux traduit une compréhension fine des nouvelles habitudes des voyageurs marocains, désormais en quête d’instantanéité, de simplicité et d’autonomie dans l’organisation de leurs déplacements.
Dans un Maroc en pleine transformation économique et territoriale, le rail apparaît ainsi comme bien plus qu’un moyen de transport. Il devient un révélateur des mutations du pays : accélération des mobilités, montée des exigences citoyennes, intégration des technologies numériques et affirmation d’une nouvelle culture du service.
À travers ce dispositif spécial Aïd Al Adha, l’ONCF rappelle finalement une évidence souvent sous-estimée : les grandes infrastructures prennent toute leur valeur lorsqu’elles accompagnent les moments les plus importants de la vie collective. Et dans un pays où les fêtes religieuses demeurent des temps majeurs de rassemblement familial et émotionnel, le train devient lui aussi un acteur discret mais essentiel du lien social marocain.



